Γεια μας !
Je suis toujours en Europe, mais mon voyage m’aura porté plus au sud que je ne l’ai jamais été. Pourtant le soleil me fait la gueule. La pluie et le froid m’accompagnent en Méditerranée, dernier avertissement de ma Normandie.
Je prends donc la direction d’Istanbul, seul avec mon sac à dos.
A Brindisi, en attendant le bateau, je rencontre une japonaise moins épaisse que les deux sacs qu’elle transporte. Ça fait 6 mois qu’elle est sur la route, elle me parle de ce qu’elle a vu, du Népal, du Vietnam, de la tour Eiffel... de son budget qui correspond quatre fois au mien.
Nous embarquons pour Patras. Ambiance croisière. Me voici en Grèce, cool.
Je ne comprend rien de ce que les gens racontent. Très vite, je rencontre Yorgos, un CouchSurfer qui m’héberge pour une nuit. J’apprends un peu de grec (παρακαλώ, ευχαριστώ, γεια μας... les bases quoi), nous faisons un tour de vélo pour visiter la ville, et nous rejoignons une fête dans des dortoirs universitaires. Tard dans la nuit, ou bien tôt le matin, nous concluons notre discussion politique alcoolisée sur une affirmation partagée : les politiquard et les banquiers sont tous des enculés.
En Grèce, on s’aperçoit vite qu’ils se prennent la "crise" en pleine gueule. Une bière, ici, ça coûte 4€... et ils n’ont pas des salaires de parisien.
En Europe, les caisses sont vides, les coffres sont pleins, et les économistes réfléchissent. Je n’arriverai jamais a comprendre pourquoi, en matière de finances, ce ne sont pas les responsables qui morflent.
Un jour, quand les gens auront éteint la télé j’imagine, ils finiront par réaliser que tout ça n’a aucun sens. Ils brûleront chez moi les usines et les supermarchés. Ils mangeront des fruits, il fera beau et ils feront l’amour. Et la police leur matraquera la gueule.
Bref.
Je prends le bus pour Athènes.
Je n’ai pas vu Charleyne depuis sept ans, après calcul. Pourtant, elle m’ouvre grand sa porte. Elle connais beaucoup de choses sur les cailloux mythologiques. On visite, j’écoute des histoires et des Histoires.
Au milieu des immeubles bien moches, comme seules nos générations savent en pondre, les ruines invraisemblables d’une civilisation magnifique. Une civilisation qui aura déifié chaque caractère de l’Homme, coincée entre les quartiers pauvres et les quartiers touristiques.
En grimpant sur la colline où fut inventée la philosophie, je glisse et je tombe. J’ai toujours préféré les maths.
Je rencontre aussi Hélène, étudiante Erasmus aux Beaux-Arts, tout comme Charleyne. Je les accompagne sur ma route vers le nord. Je visiterai les îles des Cyclades une autre fois, tant pis pour les cartes postales. Je n’ai pas vu les maisons blanches à volets bleus.
Je visite Delphes en bonne compagnie. Il y a des hôtels, des boutiques de souvenirs et des ruines. Je prends des photos et je mange de la moussaka. Nous abandonnons Charleyne. Nous ne serons pas sans nous revoir, certains chemins sont fait pour se croiser.
A Meteora, nous grimpons ces roches irréelles, paysages grandioses, aux sommet desquelles sont perchés d’improbables monastères. Je dépense ma monnaie à l’entrée pour voir deux vieilles nonnes nous faire la gueule. Nous redescendons. J’aurai apprécié qu’il fasse beau.
C’est sournois le touristique, ça joue avec votre attrait pour le typique. Si je ne veux pas exploser mon budget, il faut que je me concentre sur l’authentique, et que j’évite les bonne-soeurs.
Anyway, nous arrivons à Thessalonique. Il s’agit encore une fois de faire abstraction de la démesure urbaine pour apprécier l’essence culturelle, ou ce que je puisse penser différent de ce que je connais.
Je suis accueilli par Danae, une amie grecque que j’ai rencontré à Caen lors de son semestre Erasmus l’année dernière. Alexandra et Kostas me font découvrir la gastronomie grecque cinq étoiles... je suis reçu comme un prince ! La ville est vivante, accessible. Nous allons enflammer le dancefloor sur des rythme balkanique avec Danae. Faire la fête, tout ça.
Dans le bus, je surprends un pickpocket, la main dans ma poche. Je lui fais comprendre qu’il ne peut pas test’.
Je ne peux pas encore vraiment me conforter dans l’excitation que me procure ce voyage, je ne suis pas assez loin. J’aperçois la Turquie à l’horizon… allons voir ce qu’il s’y passe.

